La démarche de Stefan Peters s’inscrit dans une réflexion sur la peinture elle-même, en relation avec la culture digitale de l’image dans laquelle nous sommes baignés. L’oeuvre fait partie de la série « Chronicles », qui décortique le thème du paysage. Sur panneau de bois, l’artiste développe à l’acrylique les infinis potentiels offerts par celui-ci. Au format de cartes postales, les vues sont démultipliées. Elles incarnent toutes des peintures de paysages « possibles », qui auraient chacune pu devenir un tableau indépendant. Ces possibilités ne sont pas clôturées : les décors qui bordent le cadre sont coupés, comme pour signifier qu’ils se prolongent. Peters les catalogue au sein d’une grille, d’une manière quasiment scientifique ou photographique. En Occident, la tradition de la peinture de paysage prend ancrage au moment où des artistes comme Joachim Patenier, au début du XVIe, commencent à traiter le paysage comme un sujet à part entière. L’artiste prolonge cette tradition en la remettant en perspective, mais aussi en l’inscrivant dans notre ère numérique (telles qu’en témoignent ses séries basées sur des images extraites de Google Earth).