De la matière peinte en ébullition qui se déploie sur plus de quatre mètres de long : voilà ce que nous propose ici l'artiste bruxellois Stephan Balleux, dont la première rétrospective s’est tenue au Musée d’Ixelles en 2014. Cette œuvre interpelle d’abord par sa monumentalité. Sans début ni fin, elle ne manque pas de nous entraîner au cœur de son processus chaotique et organique. La clef d’accès à ce tableau se trouve dans son titre, Paintingpainting. Le sujet de l’œuvre est en effet la peinture elle-même et davantage encore le geste qui l’anime. Par conséquent, on s’attendrait à une prolifération effective de la matière peinte, mais rien n’est moins vrai ici. Il suffit de se rapprocher de l’œuvre pour observer une surface lisse et aseptisée donnant l'illusion d’un tirage photographique. Pour comprendre ce paradoxe, il faut se tourner vers la technique de travail de Stephan Balleux. L’artiste aime se baser sur des photographies trouvées ici et là qu’il triture sur un logiciel informatique. L’effet de matière obtenu l’inspire ensuite pour réaliser sa peinture. Stephan Balleux s’impose ainsi comme un maître du croisement de médias à l’ère digitale, même s’il aime à rappeler qu’il est avant tout un peintre.