L’enfant blond donne à voir le portrait en buste d’un enfant de 7 à 8 ans. Les portraits sont nombreux dans l’œuvre de Jacob Smits, ceux de ses enfants de sa femme, de ses amis et des portraits de commande. Il s’agit probablement ici de sa fille, Marguerite, née en 1893. Une lumière puissante éclaire le profil de l’enfant qui s’arrache à l’obscurité du fond. La pose de trois quarts favorise cette opposition ombre/clarté. Certaines zones sont d’une extrême intensité lumineuse.Cette oeuvre, qui est l’une des plus remarquables de Jacob Smits, nous permet d’apprécier la tradition des Pays-Bas pour le traitement de la lumière dont il se fait l’héritier. La lumière des Hollandais n’est pas aussi fluide et mouvante que celle de Turner ou de Monet. Chez Jacob Smits, elle est un clair-obscur, proche de celui de Rembrandt à qui il voue une grande admiration. Avant de transcrire sur la toile un effet lumineux particulier, il le concrétise réellement dans son atelier. Il ne l’imagine pas directement sur le tableau.