Le dialogue est emblématique de l'univers de Paul Delvaux : des femmes nues presque désincarnées; des ruines antiques et une palette chromatique froide où le bleu et le banc dominent. La scène semble être tirée d'un rêve mélancolique. L'univers surréaliste du peintre belge vient de cette juxtaposition d'éléments à priori réalistes (architecture antique, nus féminins) mais qui mis ensemble contribuent à l'irréalité de la scène. Comme chez Magritte, la facture est classique, presque académique, les règles de la perspective respectées, mais la scène représentée, reflète le monde intérieur du peintre. Le thème de la solitude et de l'incommunicabilité entre les êtres est omniprésent malgré le titre quelque peu ironique de l'oeuvre. Paul Delvaux est influencé par le peintre Giorgio de Chirico et son théâtre mental. Il dira d'ailleurs que grâce à l'artiste italien, il découvrira que la peinture est surtout de la poésie.