Femme épinglant son chapeau est représentatif de la dualité entre le flou de l’estompe et la précision du trait que George Morren utilise dans ses œuvres. La poudre de couleur se déploie en larges plages veloutées; pour les modeler, l’artiste recourt à l’estompe qu’il anime de multiples hachures. Baignée dans une lumière qui semble émaner des fraîches tonalités de blanc et de bleu infiniment nuancées, cette scène intimiste accueille quelques accessoires de toilette à peine silhouettées; l’un deux reprend le coloris chaleureux du fond - sur lequel se détache la robe saturée de blanc - et équilibre ainsi la composition.L’historien de l’art Serge Goyens de Heusch nous en dit : “Le peintre réserva souvent entre les touches de petites zones non couvertes de pigments, de manière à permettre, par l’allégement des tons qui en découle, une meilleure propagation des ondes lumineuses. Morren comprit les bienfaits d’une touche simplement frottée sur une toile rugueuse dont le blanc remplace les lumières empâtées chères à l’école flamande.”