Femme cousant appartient à la première période artistique de Jean Brusselmans, tournée vers le post-impressionnisme. L’artiste a un coup de pinceau très franc et une palette audacieuse. Le globe lumineux de la lampe à pétrole se détache sur des couleurs sourdes. La silhouette féminine se structure en éléments colorées. Chaque composante du tableau est schématisée. Selon Brusselmans, le dessin révèle la volonté de construire et de mettre de l’ordre dans les objets pour leur donner un sentiment de puissance et de clarté. La couleur, pour lui, “doit être lumière et sentiment dramatique”. Il disait aussi que “en art “tous les genres sont difficiles. Il faut autant de talent pour peindre une lampe à pétrole que pour exécuter le portrait d’une marquise.”Après la guerre, Brusselmans se tourne vers l’expressionnisme, avec l’utilisation de couleurs assombries, vigoureusement brossées. Jusqu’à la fin de sa vie, un profond sentiment de la nature et les scènes de la vie quotidienne restent présents dans son œuvre; il continue à en témoigner à travers un art structuré qui demeure sa vision des choses.