Dans son huile sur toile Femme aux champs, l’artiste anversois Isidore Verheyden rend hommage au monde paysan. Comme Jean-François Millet avant lui dans son célèbre Angélus ou dans ses Glaneuses, il focalise son attention sur le labeur immuable des travailleurs de la terre. Avec résignation et sans entrain, une femme sème les graines contenues dans son sac. Son visage est vide, dénué d’expression. Sa silhouette s’inscrit à contre-jour dans un environnement totalement dépouillé. Pour donner à son tableau une atmosphère de quiétude, il emploie des coloris ternes mais délicats, des bruns et des beiges, surtout. La touche picturale, quant à elle, est libre. Elle montre que le peintre, qui appartient au groupe d’avant-garde artistique les XX, ne se sent plus contraint de faire une peinture mimétique. Il s’est installé à Tervueren, dans la campagne à l’est de Bruxelles. Dans ses toiles, il ne dénonce pas la condition sociale des paysans qu’il côtoie, comme le fera le peintre Eugène Laermans. Plus modestement, l'intention d'Isidore Verheyden est de témoigner de leur mode de vie.