Figure extravagante, Matthieu Ronsse bouscule les usages de la peinture. Il puise dans l’histoire de l’art et risque des télescopages maîtrisés. Il ose mêler la violence d’une Descente de croix de Van Dyck à la fougue d’un Kurt Cobain (Ronsse est aussi musicien). Maîtres anciens et références contemporaines s’imbriquent sans cesse. Il affirme : « Je n’aime pas trop les interprétations, j’adore avant tout les images qui stimulent l’imagination par leur complexité ». Qualifié par la critique de « baroque » ou encore de « post-moderne », Ronsse s’en joue. Sa pratique est une sorte d’immense « work in progress », une œuvre toujours en gestation. Après une exposition, l’artiste n’hésite pas à retravailler, recycler, découper ses travaux. Quand ils sont présentés au public, ils sont pensés en terme d’ensemble. Expo. To the Monsanto (flat) est une grande huile sur carton, dont le cheval cabré semble tout droit sorti du XVIIe. Le carton a été malmené : plis apparents, découpes. Le cadre sur lequel il est encollé est laissé visible. Ce supposé délabrement contraste avec la grande finesse que l’artiste apporte au maniement de nombreux pigments, laques, cendres et gommes… tel un chimiste punk.