Les images proposées par Sophie Kuijken interpellent. Subtilisant le langage de la peinture ancienne, dans un style toutefois proche de l’hyperréalisme, l’artiste offre au regard des œuvres hybrides et mystérieuses inscrites dans une démarche toute particulière. La peintre explore en effet les possibilités concédées par les résultats de recherches internet. Elle commence par composer une base de données de portraits, de photographies de personnes de tous types, qu’elle fragmente et assemble ensuite pour parvenir à l’image d’un individu à l’apparence « probable ». Elle reproduit enfin ce montage, ici à l’huile et à l’acrylique sur panneau, de manière extrêmement réaliste. La pratique de l’artiste s’inscrit dans la durée ; elle prend le temps et le soin de ménager chaque détail. Elle explique avoir l’impression de sonder l’essence humaine, entre individualité et universalité, singularité et pluralité. C’est sans doute la raison pour laquelle ses œuvres paraissent admirablement intemporelles. Panneau d’un polyptyque flamand du XVe ou peinture américaine des années 1960: dans cette œuvre , Ève semble avoir pris conscience de sa nudité.