Pour Dany Danino, « le champignon est un nuage romantique et contemporain, apaisant et inquiétant ». La promenade, l’errance et la rêverie animent la démarche de l’artiste, qui conserve un vif souvenir des orages de son enfance. Cette gravure à l’eau-forte, présentée sous forme de triptyque, fait partie d’une série de 7 à 8 champignons, sorte de variations sur un même thème. L’artiste rapproche également de cette série son Nuage atomique développé à la Maison des Arts de Schaerbeek. La crainte de la guerre, de la destruction, que Dany Danino lie à son origine israélienne, plane au sein même des formes brumeuses de son champignon. Le bleu indigo, à la fois puissant et songeur, se répartit sur les trois surfaces de manière plus ou moins dense. Des jeux de transparence sont induits. Cette couleur semble chère à l’artiste qui a pour habitude de travailler également au stylo-bille, comme pour sa série des « Gueules cassées », visages témoins des horreurs de la guerre.