Adelebsen II date de 1964, année faste pour Jules Lismonde, qui est invité alors à la Documenta de Kassel ainsi qu’à la biennale de Tokyo; la reconnaissance de l’artiste ne fait qu’évoluer. Cette œuvre est représentative de son art avant 1970 : la composition s’aère, l’espace y pénètre et les plages blanches reprennent leurs droits. Le tracé se fait plus linéaire et concerté, moins gestuel et spontané. Le papier sur lequel travaille Lismonde change aussi. Jusque-là il privilégiait le papier d’Arche, fort et grainé. Il utilise ensuite le papier japon, plus délicat et raffiné, mais n’autorisant aucune erreur, aucun repentir. D’un bout à l’autre de son oeuvre, Lismonde évoque, suggère, plus qu’il ne décrit, avec un minimum de moyens, mais très subtils, modulés, nuancés, fluides et harmonieux dans leur ensemble.